Hommage à Jacques Rivier par Charles Constantin

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Jacques Rivier, Conseiller Communal, l’histoire commence un 21 mars 2013. L’ascension est éclair. En l’espace de six mois, il passe de scrutateur du bureau électoral à conseiller général, de président du parti plr de Saint-Blaise à webmaster ; enfin il termine sur la case de Conseiller communal. Pour celui qui ne connaît pas Jacques, le raccourci est vite fait : pour passer aussi rapidement les obstacles, il faut avoir de dents qui rayent le parquet. Pour celui qui fréquente un peu plus Jacques, il est évident que ce dernier est à nouveau mû par son envie de rendre service. C’est dans cet état d’esprit que le 21 mars 2013 Jacques se met au service de la commune et de sa population. En revêtant l’habit de conseiller communal, Jacques ne calcule pas ; il décide et agit au plus près de sa conscience ; son étiquette politique ne constitue pas un garde-fou. Bien au contraire, liberté d’esprit, esprit d’ouverture et intégrité caractérisent le pragmatique Jacques au bénéfice d’une précieuse capacité d’empathie.

Au 31 décembre 2018, Jacques Rivier aura passé 2111 jours à l’Exécutif saint-blaisois. 2111 jours à être interpellé sur sa fonction de Conseiller communal, à entendre quelques rares citoyens le remercier pour le travail effectué par la commune, à entendre les suggestions et les jérémiades des « yaka » et des « faut que », à supporter les insinuations de ceux qui sont plutôt à gauche mais aussi les reproches de ceux qui sont bien à droite. Philosophe, habité par le sens du bien commun, Jacques sait qu’un membre d’un exécutif ne peut pas contenter tous ses citoyens.

Que retiendrons-nous de ces 2111 jours ? Poser la question irrite Jacques. Il n’a pas été Conseiller communal pour qu’on se souvienne de lui ; il a été membre d’un collectif, soucieux du bon fonctionnement d’une commune. Mais qu’on le veuille ou non, les travaux opérationnels et stratégiques d’un Conseiller communal touche le quotidien des gens. Jacques n’échappe pas à l’exception.

Au port de Saint-Blaise, Jacques allie job et passion. Amoureux et féru de voile, il s’attelle à la poursuite du développement de cet endroit magique. La réfection de la cuisine de la buvette, l’amélioration du WIFI, la pose de spots solaires à déclencheur de mouvements, les travaux de rénovation du débarcadère, l’installation d’un panneau publicitaire apportent un plus à la vie portuaire de Saint-Blaise, tout comme la vente de fraises et de baies en belle saison ou l’installation d’un food truck. Enfin la démolition de la baraque Ichtus suivie de la construction du bâtiment nautique achèvent l’œuvre de Jacques.

Autre place de jeu pour Jacques, le terrain de foot des Fourches. Jacques y affronte d’abord le WWF, Pro Natura et la société des armes de guerre de Saint-Blaise. Les quatre sont dans le même groupe !  Lors de sa première intervention au Conseil général, Jacques compare l’état d’insalubrité des vestiaires à la cellule de papillon. Le 22 juin 2017, les vestiaires des Fourches sont inaugurés. Il en a fallu du temps. L’histoire retiendra qu’en prolongations Jacques a survécu à quelques tacles. Qu’importe ! Dans les nouveaux vestiaires, petits et grands préparent désormais minutieusement les derbies et les matches avec et sans enjeu. Quant à la buvette, elle est redevenue incontournable pour la célébration de la troisième mi-temps, et ce, quels que soient les résultats des matches.

Homme de droite, Jacques a dû découdre avec quelques syndicats… notamment ceux du Théâtre du Passage, de l’Anneau d’Athlétisme et de la Patinoire. En phase avec toutes les générations, Jacques s’est occupé des moins jeunes (organisation de la très attendue croisière de aînés et du Noël des seniors). Les jeunes adultes n’ont pas été en reste : depuis septembre 2017, les citoyens de 18 à 25 ans reçoivent les brochures easyvote avant les scrutins fédéraux et cantonaux. LE RÈGLEMENT COMMUNAL REPRÉSENTE LA CONSTITUTION D’UNE COMMUNE. Avec une commission ad’hoc de choc, Jacques a travaillé sur sa refonte totale et tout récemment sur son second dépoussiérage.

L’électricité a bien occupé les mandats de Jacques. Lors d’une séance du Conseil général il avoua la complexité de la tâche en faisant : « Pour ma part, j’ai aussi dû comprendre ce qu’était un réseau, un bouclage etc. ». A son poste, il a supporté quelques décharges, mais jamais de court-circuits, nous pensons ici au Recours de l’Entente saint-blaisoise concernant la tarification électrique 2014 (Merci Lorenzo), la cohabitation Flückiger SA avec Eli10, la promotion du produit Elinova et la mise en œuvre de la loi cantonale sur l’énergie. L’entretien du réseau et la pose d’armoires électriques aux quatre coins du village ne l’ont jamais mis dans le jus. Avec les poteaux du Maley, Jacques s’est fait plein de potes au Conseil général. Rares furent ceux qui auraient misé un seul volt sur le remboursement total de l’assurance du responsable de l’endommagement des poteaux.  C’était sans compter sur la détermination et le sens de la négociation de Jacques, également actif dans d’autres histoires… histoire d’eaux et histoires de téléréseau.

Nous retiendrons qu’en plenum Jacques a défendu une vingtaine de demandes de crédit pour un total de CHF 4 millions. Il a répondu à une bonne quarantaine de questions et d’interpellations, 40% émanant du PS, 40% de l’Entente et le reste du PLR. En 6 ans, Jacques n’a jamais accédé à la Présidence du Conseil communal ; certains disent qu’il aurait dû jouer des coudes ; d’autres pensent qu’il n’ambitionnait tout simplement pas la fonction.

Pour terminer, parce que c’est bientôt Noël et parce que Jacques supporte particulièrement bien l’autodérision (une qualité que beaucoup lui envient et que d’autres devraient lui envier), permettez-nous une digression. Ce n’est pas un scoop : Jacques aurait pu être nominé au Prix du Maire de Champignac. D’ailleurs, Jacques et Champignac, ça rime ! Dans les PV, nous pouvons retrouver quelques perles. Mais ne ricanons pas trop vite, il y a rude concurrence, si on lit bien les PV du Conseil général ! Pour le plaisir la Dernière de Jacques, re-citons celui vers qui tous les regards sont braqués !

  • Le 8 mars 2016, au sujet de problèmes de court-circuit au port, il fait la description d’un tableau qui nous ramène presqu’à la situation actuelle de la France. Je cite: « Alors si vous êtes allés ces dernières semaines vous promener le long du port, vous avez certainement vu des bonhommes jaunes à genoux au pied de chacun des poteaux, afin de détecter où se trouve le problème de ce circuit. ».
  • Il a fait plus fort, le 21 mai 2015, jour où il fait une promotion toute relative du bâtiment nautique qui sera construit. Je cite : « On doit certainement pouvoir faire quelque chose de pas forcément beau mais pas forcément plus laid que ce qui existe maintenant dans le cadre des autres bâtiments du port. ».
  • Enfin, troisième perle qui date du 22 novembre 2018, au Conseil général. il dit : « Dernière communication, je vous annonce ma démission du Conseil Communal pour la fin de l’année. Après presque 6 années à l’exécutif de la commune, je pense qu’il est temps de passer la main, du sang neuf et un nouvel enthousiasme ne pouvant être que bénéfique pour notre village.». Pour cette dernière phrase, il serait revenu bredouille du Prix du Maire de Champignac ; par contre, avec cette déclaration, ce soir, il remporte le trophée de notre reconnaissance pour ses bons et loyaux services rendus à Saint-Blaise et au quotidien de ses habitants. MERCI JACQUES et bon vents pour toi et tes voiles !